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La décohabitation : définition d’un concept polysémique

Décohabitation
16/09/2020
Appréhender le concept de décohabitation n’est pas une tâche aisée. Ce concept polysémique touche des profils de personnes très différentes les unes des autres. Par conséquent, la décohabitation n’a pas les mêmes effets économiques, sociaux ni législatifs sur ceux qui la connaissent. “Dé-cohabiter” représente l’action de quitter un logement partagé avec d’autres personnes. La décohabitation a donc lieu dans de nombreux cas. Lorsqu’un adolescent quitte le domicile familial pour faire ses études, ceci est une décohabitation. Lorsqu’une femme se sépare de son conjoint et quitte le foyer qu’elle partageait avec ce dernier, cela est aussi un phénomène de décohabitation. Certaines personnes sont affectées négativement par la décohabitation, en sont victimes, et bien souvent ne la choisissent pas mais la subissent. A l’inverse, d’autres individus s’émancipent et trouvent leur indépendance grâce à ce changement de logement. En outre, la décohabitation peut créer de la vulnérabilité tout comme de la liberté. Cerner davantage ce concept est une nécessité pour comprendre les enjeux créés par la décohabitation et ses conséquences économiques, sociales et législatives. 


Qu’est-ce que la décohabitation ?



Le mot décohabitation, composé du suffixe “dé” suppose une rupture, un changement. Une personne connaît la décohabitation lorsqu’elle quitte de manière temporaire ou définitive, subitement ou en s’y étant préparé, le domicile dans lequel elle cohabitait avec d’autres personnes. La décohabitation peut prendre plusieurs formes :

  • Décohabitation familiale ou parentale : lorsqu’un jeune quitte le domicile de ses parents pour partir faire ses études ou pour travailler. Cela représente communément “l’entrée dans la vie adulte” d’une jeune femme ou d’un jeune homme. Ce type de décohabitation est généralement voulu et préparé. Toutefois, la décohabitation parentale peut déboucher sur une situation de précarité lorsque le jeune qui s’émancipe du foyer familial ne dispose pas d’un soutien économique suffisant pour vivre dans de décentes conditions sa nouvelle vie. La décohabitation familiale peut être provisoire ou irréversible. De nos jours, les jeunes adultes tendent à quitter le foyer familial de plus en plus tardivement. La décohabitation se fait donc de manière transitoire, temporaire et réversible dans de nombreux cas. On parle d’ailleurs d”enfants boomerangs” c’est à dire qui finissent par revenir au domicile familial après une période de décohabitation. 

  • Décohabitation professionnelle : cette décohabitation peut être volontaire ou subie. Elle est due à un changement d’emploi qui crée la nécessité de changer de domicile pour raisons professionnelles. 

  • Décohabitation conjugale : cette forme de décohabitation est la plus courante et la plus précaire. Elle touche majoritairement les femmes adultes qui se séparent de leur conjoint et quittent le domicile conjugal. Dans de nombreux cas en France, ce type de décohabitation créé des situations de précarité qui ont d’importantes conséquences économiques et sociales. En France, le législateur intervient dans ce type de cas pour apporter un soutien financier au décohabitant lorsque cela est nécessaire. 


Qui sont les plus touchés par la décohabitation ?



La décohabitation touche un large public. Toutefois, il existe un profil type de personnes majoritairement touchées par la décohabitation. Les femmes âgées de 40 ans en moyenne, sont les plus affectées par les phénomènes de décohabitation. Dans certains cas, cela n’impacte pas leur situation économique de manière drastique. Néanmoins, dans de nombreuses situations, la décohabitation peut engendrer de profonds changements économiques dans la vie du décohabitant. Les personnes qui en sont le plus négativement impactées sont les femmes seules avec un ou plusieurs enfants à charge, et qui sont dans l’obligation de se reloger rapidement du fait d’une séparation brutale. Ce type de profil vulnérable nécessite l’aide du législateur pour gérer au mieux le processus de décohabitation.

Il n’est pas toujours facile pour les décohabitants de se reloger. La majorité d’entre eux optent pour des locations classiques. D’autres se tournent vers des colocations tandis que certains devront être hébergés par un proche ou grâce à un logement social suite à ce changement de domicile. En France, les logements sociaux représentent une offre qui reste faible et à laquelle il est difficile d’accéder.

Toutefois, certaines décohabitations conjugales sont entièrement voulues et préparées. En effet, un nouveau type de décohabitation tend à émerger de nos jours : la décohabitation partielle. Cette décohabitation touche les couples qui décident volontairement de ne pas partager le domicile conjugal de manière définitive et permanente. Pour des raisons qui leur sont propres, certains concubins décident de cohabiter ensemble seulement sur certaines périodes. Ils disposent donc d’un domicile conjugal qu’ils partagent tandis que l’un des membres du couple vit de temps en temps dans un autre logement qui lui appartient à lui seul. Cette décohabitation des temps modernes est dans la plupart des cas voulue, réfléchie et appréciée. Dans d’autres cas, elle peut avoir lieu lorsque l’un des conjoints dispose d’une activité professionnelle qui lui impose de vivre à l’extérieur du foyer conjugal. 


La décohabitation : quelles conséquences légales ?



Comment la loi française encadre-t-elle la décohabitation ? La décohabitation familiale est-elle régulée de la même manière que la décohabitation conjugale ? En France, plusieurs aides existent pour accompagner les personnes que la cohabitation rend vulnérable. A titre d’exemples, les jeunes adultes qui quittent le domicile familial peuvent bénéficier de plusieurs aides sociales :

  • L’aide au logement de la Caisse d’Allocation Familiale (APL)
  • La bourse du Crous pour aider au financement des études des moins de 26 ans
  • La bourse Erasmus en cas de changement de domicile à l’étranger
  • L’aide Mobili Jeune : un dispositif pour aider les moins de 30 ans en formation à payer leur loyer
  • Le revenu minimum étudiant dans certaines communes en France.

Les femmes en situation de décohabitation et de précarité sont aussi aidées par la législation française :

  • L’Allocation de soutien familial pour les femmes isolées avec enfant qui ne bénéficient d’aucune pension alimentaire de la part de l’autre parent.
  • Le RSA majoré versé aux parents isolés qui assument seuls la charge d’un enfant sur une durée d’un an après la séparation.
  • L’Allocation de veuvage en cas de décès du conjoint. 

La décohabitation est donc un concept polysémique c’est à dire qui a plusieurs sens. La décohabitation peut toucher différentes personnes à différents moments de leur vie. Ce phénomène implique des conséquences économico-sociales variées sur la vie des individus qu’elle touche. Face à cela, la loi en France cherche à accompagner et à aider les profils de personnes les plus vulnérables. Le but étant que chacun puisse vivre dans des conditions décentes, malgré les changements imposés par les différents parcours de vie.